Alors que de nombreux pays africains ont recours aux financements du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, 3 États font figure d’exception.
Selon l’expert malien Modibo Mao Makalou, la Libye, le Botswana et l’Érythrée n’ont jamais sollicité de programme d’emprunt auprès de ces deux institutions depuis leur adhésion.
Ces trois pays ont ainsi suivi des trajectoires économiques différentes, avec une même volonté affichée de limiter leur dépendance aux financements extérieurs. « Ils n’ont jamais demandé quoi que ce soit », affirme Modibo Mao Makalou.
La Libye est l’exemple le plus emblématique de cette stratégie. Sous Mouammar Kadhafi, le pays a largement compté sur ses importantes réserves pétrolières pour préserver son autonomie financière et limiter le recours aux institutions internationales.
Sa dette reste principalement détenue sur le marché intérieur, notamment par la Banque centrale de Libye. La dette extérieure demeure, quant à elle, relativement faible, autour de 3 milliards de dollars.
Le Botswana constitue le 2e exemple cité par l’expert malien. Le pays d’Afrique australe a construit une partie de sa stabilité économique sur l’exploitation de ses importantes ressources en diamants et sur une gestion budgétaire présentée comme rigoureuse.
Sa dette publique est estimée à environ 84 064 millions de pula en 2025, soit un niveau situé autour de 25,75 % à 32,6 % du PIB selon les estimations retenues.
Pour Modibo Mao Makalou, la Libye et le Botswana représentent des modèles intéressants en matière de gestion économique. « Les deux pays que je cite pour prendre en modèle, c’est la Libye et le Botswana, parce que ce sont des pays bien gérés, de leur indépendance à maintenant », estime-t-il.
L’Érythrée complète ce trio. Ce pays africain a fait le choix d’une politique économique très tournée vers l’autonomie et l’autarcie, avec une faible ouverture aux institutions financières internationales.
Cette orientation n’est toutefois pas sans conséquences. La dette publique érythréenne est estimée à environ 212,5 % du PIB en 2025, un niveau considéré comme particulièrement élevé.
3 stratégies africains face aux institutions financières
Ces 3 trajectoires africaines montrent ainsi des approches différentes de l’autonomie financière en Afrique. Entre les ressources naturelles, la discipline budgétaire et l’autarcie, la Libye, le Botswana et l’Érythrée se distinguent par leur absence de recours aux programmes d’emprunt du FMI et de la Banque mondiale, selon l’expert malien.
