Vous maîtrisez une langue locale et souhaitez contribuer au développement de l’intelligence artificielle au Togo ? Une plateforme vous permet de participer à la collecte de voix, de textes et de traductions. Pour le moment, trois langues sont concernées ,l’éwé, le kabyè et le moba.
Et si votre connaissance d’une langue locale pouvait aider à développer une intelligence artificielle capable de la comprendre ? C’est l’objectif de « Voix du Togo », un programme porté par le ministère de l’Efficacité du Service public et de la Transformation numérique.
Comment participer au challenge pour apprendre sa langue à l’ IA ?
À travers le Challenge national des langues locales, les Togolais sont invités à contribuer à la création de modèles d’intelligence artificielle adaptés aux langues parlées dans le pays. La plateforme de participation est accessible à l’adresse voixdutogo.gouv.tg.
La démarche se déroule en ligne. Il faut créer un compte à partir de son numéro de téléphone, puis indiquer les langues que l’on maîtrise à l’oral ou à l’écrit. Des tâches adaptées aux compétences de chaque participant sont ensuite proposées.
Concrètement, vous pouvez être amené à :
- Enregistrer votre voix en lisant des phrases à haute voix ;
- Transcrire des audios, c’est-à-dire écrire ce que vous entendez dans un enregistrement ;
- Traduire des textes vers une autre langue ;
- Vérifier les contributions d’autres participants.
L’objectif est de réunir suffisamment de données fiables pour apprendre aux futurs modèles d’IA à reconnaître, comprendre et restituer les langues locales.
La première phase du programme concerne trois langues à savoir l’éwé, le kabyè et le moba. Pour chacune, le challenge prévoit de collecter 50 heures d’enregistrements vocaux validés, 6 000 paires de phrases traduites et des contributions d’au moins 500 locuteurs. Les données seront ensuite vérifiées avant d’être utilisées pour entraîner les modèles.
À terme, le programme « Voix du Togo », prévu sur trois ans, ambitionne d’étendre cette démarche aux autres langues nationales.
À quoi servira cette intelligence artificielle ?
Ici il n’est pas seulement question de traduire. À terme, les technologies développées pourraient faciliter l’accès aux services publics pour les personnes qui maîtrisent peu le français.
Un citoyen pourrait, par exemple, poser une question à un service administratif dans sa langue. Dans le domaine de la santé, un patient pourrait décrire ses symptômes dans une langue qu’il maîtrise. Des applications pourraient également faciliter la traduction de certaines dépositions judiciaires. En participant à la collecte, les locuteurs contribuent donc à constituer les ressources linguistiques nécessaires au développement de ces futurs outils.
Vous maîtrisez l’une de ses langues, l’éwé, le kabyè ou le moba ? Rendez-vous sur voixdutogo.gouv.tg pour créer votre compte, renseigner vos compétences linguistiques et découvrir les contributions qui vous sont proposées.
