Entre juillet et août 2025, une vaste opération menée par Interpol, avec le soutien financier du Royaume-Uni, a permis l’arrestation de 260 cyber-escrocs présumés dans 14 pays africains, dont 8 en Afrique de l’Ouest. L’offensive visait principalement les arnaques sentimentales et la sextorsion, où les victimes sont piégées via des échanges intimes pour être ensuite extorquées.
Au Ghana, épicentre de l’opération, 68 suspects ont été arrêtés. Les autorités y ont saisi 835 appareils électroniques et identifié 108 victimes, victimes de pertes estimées à 450 000 dollars (soit 252 millions FCF), dont seulement 70 000 dollars (39,2 millions de francs CFA) ont pu être récupérés. Les fraudeurs utilisaient de faux frais de messagerie, des taxes douanières fictives et des vidéos intimes pour forcer les victimes à payer.
Cybercriminalité : 809 victimes en Côte-d’Ivoire
En Côte d’Ivoire, 24 arrestations ont conduit à l’identification de 809 victimes, tandis qu’au Sénégal, 22 suspects ont escroqué près de 34 000 dollars à 120 personnes en se faisant passer pour des célébrités. En Angola, 8 arrestations ont permis de découvrir des réseaux exploitant de fausses identités via des documents falsifiés.
Au total, 81 groupes criminels ont été démantelés. La police a saisi des clés USB, cartes SIM, documents falsifiés et dossiers financiers, mettant fin à plusieurs réseaux organisés. Les autres pays impliqués, dont le Bénin, le Burkina Faso, le Kenya et le Nigeria, ont également collaboré aux enquêtes.
Une lutte perdu d’avance
Pour Interpol, l’enjeu reste de taille : la cybercriminalité continue de croître, ciblant particulièrement les personnes âgées et vulnérables. « Les arnaques en ligne causent des pertes financières importantes et un traumatisme psychologique chez les victimes », explique Cyril Gout, directeur exécutif par intérim des services de police d’Interpol.
Neal Jetton, directeur de la cybercriminalité chez Interpol, rappelle que chaque pays signale régulièrement les escroqueries en ligne comme principale menace numérique. « Des millions de personnes cliquent chaque jour sur des emails frauduleux. Il est très difficile de lutter contre ce type de crime », souligne-t-il.
Avec cette opération, les autorités africaines et leurs partenaires internationaux ont envoyé un signal fort aux cybercriminels. Mais la lutte contre les « brouteurs » et autres mafias numériques reste un défi majeur.
