Le Togo veut augmenter fortement ses recettes fiscales au cours des cinq prochaines années. Mais le gouvernement assure que l’objectif n’est pas simplement d’augmenter les impôts. Il mise plutôt sur plus de contribuables, davantage de démarches en ligne et un meilleur suivi des activités économiques.
La nouvelle Stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme (SRMT) 2027-2031) a été approuvée le 29 septembre 2026. Elle a été présentée aux acteurs du secteur privé lors d’une rencontre de concertation tenue le 6 octobre à Lomé.
Le chiffre annoncé est important. Les recettes fiscales doivent passer de 1 043,7 milliards FCFA en 2026 à 2 109 milliards FCFA en 2031. Autrement dit, l’État veut pratiquement doubler le montant des recettes fiscales collectées en cinq ans. Pour y parvenir, les autorités expliquent que le Togo dispose encore d’un potentiel fiscal qui n’est pas totalement exploité.
Pas seulement de nouveaux impôts
La stratégie repose principalement sur trois axes : élargir l’assiette fiscale, moderniser le recouvrement et mieux maîtriser les dépenses fiscales. Concrètement, l’idée est notamment d’identifier davantage d’activités et de contribuables qui échappent encore au système fiscal, tout en améliorant les outils permettant à l’administration de suivre les déclarations et les paiements.
La digitalisation occupe déjà une place importante dans cette démarche. En septembre, l’Office Togolais des Recettes a lancé e-TPU, une plateforme qui permet aux petites entreprises, microentreprises, artisans et commerçants concernés de déclarer et de payer leur Taxe professionnelle unique à distance, depuis un téléphone, une tablette ou un ordinateur.
Une fiscalité de plus en plus numérique
La réforme s’inscrit également dans la poursuite de la dématérialisation des démarches fiscales, alors que l’OTR travaille parallèlement à la mise en œuvre de la facturation électronique. Pour les autorités, ces outils doivent permettre de faciliter les démarches des contribuables, mais aussi d’améliorer le suivi et le recouvrement des recettes.
Le gouvernement veut toutefois préserver les entreprises. Lors de la concertation du 6 octobre, l’accent a été mis sur la nécessité de maintenir un environnement favorable aux affaires, avec notamment davantage de sécurité juridique et de stabilité fiscale.
La mise en œuvre de la SRMT ne sera pas attendue jusqu’en 2031 avant d’être évaluée. Une première évaluation est prévue en 2029, avant une évaluation finale en 2031. Un comité chargé du suivi de la stratégie doit également coordonner les différentes réformes.
L’enjeu sera donc de voir si le Togo parvient à augmenter ses recettes publiques tout en évitant de peser davantage sur les entreprises et les contribuables déjà soumis à l’impôt.
La question qui se pose désormais est simple : le pari sera-t-il réussi avec une meilleure collecte et plus de digitalisation, sans hausse généralisée de la pression fiscale ?
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