L’entreprise minière Eramet Grande Côte (GCO) traverse une période difficile après l’incendie qui a touché son usine au Sénégal en février 2026. Depuis l’arrêt de ses activités, la société a demandé un soutien fiscal à l’État sénégalais pour l’aider à faire face aux pertes enregistrées. Une demande qui divise l’opinion.
Le 22 février 2026, un incendie s’est déclaré sur le site d’exploitation d’Eramet GCO, alors que l’usine était déjà arrêtée pour des travaux de maintenance.
Même si aucune victime n’a été enregistrée, les conséquences économiques sont importantes. L’usine de concentration humide (WCP), qui joue un rôle essentiel dans le traitement des minerais extraits, reste à l’arrêt pour une durée encore inconnue.
Cette situation a poussé l’entreprise à revoir ses objectifs de production et a également entraîné des difficultés pour certains travailleurs, avec des suppressions de postes annoncées.
Incendie : L’entreprise demande un geste de l’État
Face à ces pertes, Eramet GCO aurait sollicité des allègements fiscaux auprès des autorités sénégalaises. Concrètement, cela signifie que l’entreprise souhaite bénéficier d’un soutien de l’État, notamment à travers une réduction ou un aménagement de certaines obligations fiscales.
Mais cette demande ne fait pas l’unanimité.
Pour Demba Fall, expert à l’association Citoyens actifs pour la Justice Sociale (CAJUST), cette aide ne serait pas une bonne décision pour le Sénégal.
Selon lui, une grande entreprise comme Eramet dispose normalement de moyens pour gérer ce genre de difficultés, notamment grâce aux assurances ou aux réserves financières prévues pour faire face aux imprévus.
« Une entreprise minière doit pouvoir anticiper les risques liés à ses activités », estime-t-il.
Pourquoi cette situation pose question ?
Le débat porte aussi sur les bénéfices tirés de l’exploitation minière au Sénégal.
Demba Fall rappelle que l’exploitation des ressources naturelles doit avant tout profiter au pays et à sa population. Selon lui, l’État doit éviter de multiplier les avantages accordés aux grandes entreprises étrangères au détriment de ses propres intérêts.
Pour cet expert, demander au gouvernement de compenser les pertes d’une entreprise privée pourrait créer un mauvais exemple. D’autres sociétés pourraient, à l’avenir, réclamer le même traitement en cas de difficultés.
La situation pose donc une question importante : jusqu’où un État doit-il aider une grande entreprise qui rencontre des problèmes, surtout lorsqu’elle contribue à l’économie nationale et crée des emplois ? Pour certains, soutenir Eramet GCO permettrait de protéger des emplois et de favoriser une reprise rapide des activités. Pour d’autres, l’entreprise doit d’abord utiliser ses propres moyens avant de demander un soutien public.
Au-delà de l’incendie, cette affaire relance une question plus large au Sénégal : comment mieux répartir les avantages liés à l’exploitation des ressources naturelles entre les entreprises minières et la population.
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