Au Togo, l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) est appelée à prendre une nouvelle dimension. Longtemps exercée dans un cadre largement informel, cette activité, qui fait vivre près de 10 000 personnes, fait désormais l’objet d’une stratégie visant à mieux l’organiser et à renforcer sa contribution à l’économie nationale.
Le gouvernement veut agir sur plusieurs fronts. La première priorité concerne la formalisation des activités liées à l’exploitation minière. Les démarches administratives doivent être simplifiées afin de permettre aux exploitants d’intégrer plus facilement le cadre légal. L’accès aux financements et aux équipements modernes sera également amélioré, tandis que les formations techniques doivent être renforcées.
La formalisation au cœur de la stratégie d’exploitation minière
La réforme touche notamment les conditions d’exploitation minière artisanale. Les autorités souhaitent rendre les sites plus sûrs et encourager des pratiques qui limitent les dégâts sur l’environnement. L’objectif est de mieux protéger à la fois les travailleurs, les populations riveraines et les ressources naturelles.
Le volet fiscal a lui aussi été adapté. La loi de finances prévoit un cadre prenant davantage en compte les particularités de l’exploitation artisanale, notamment à travers des titres miniers spécifiques et des modalités de paiement des redevances mieux adaptées aux réalités du terrain.
Cette transformation reste toutefois confrontée au poids de l’informel. La difficulté à identifier et à suivre les activités, les risques sécuritaires, les problèmes environnementaux et les conflits fonciers constituent encore des obstacles importants.
Pour le gouvernement, la formalisation doit permettre de répondre à ces défis. Elle offrira aux exploitants une meilleure sécurité juridique et des conditions de travail plus favorables. Elle permettra aussi à l’État de mieux contrôler le secteur, d’accroître les recettes publiques et de renforcer la protection de l’environnement.
L’ambition est donc de faire évoluer l’EMAPE vers un secteur mieux encadré, plus sécurisé et capable de contribuer davantage au développement économique et local.
